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SORTIES ET ATELIERS => Sorties entomologiques mais pas que: Insectes, mollusques, mousses, lichens, myxomycètes, fossiles et autres curiosités. => Discussion démarrée par: Michel Fauconnier le lundi 07 septembre, 2020, 23:39:48
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MESSAGE DE JACQUES PAGES
Chers adhérents !
Pour cette « rentrée », je vous propose une sortie sur le plateau d’Albès, aux précautions sanitaires habituelles :
distanciation physique, … masque de protection, pas de prêt de loupe, ... etc.
Comme vous le savez nos besoins en eau sont croissants particulièrement dans notre région.
Ainsi, il est de plus en plus rare de pouvoir observer des sources ou des résurgences qui ne soient pas captées, bétonnées, grillagées par un périmètre de sécurité.
Les sources et résurgences « libres » dans l’Hérault se comptent sur les doigts d’une main !
Nous irons observer une telle résurgence, sa faune troglophile et sa flore, et entre autres ses araignées troglodytes du Genre Meta.
Rendez-vous Dimanche 13 septembre 2020 Ã 10h30 au parking de La Croix de Mounis sur la D922, voir les cartes jointes.
Le dénivelé est d’environ 80m pour une distance depuis le parking 2 de 2.5 km.
Ce parking 2 peut accueillir plusieurs voitures, mais le parking 3 ne peut en accueillir qu’une, il sera donc réservé à ceux qui ont des difficultés pour marcher.
Prévoyez un repas tiré-du-sac, masque de protection, loupe de botaniste, une lampe frontale ou torche, pour le plus téméraires de quoi aller patauger dans le noir et l’eau (froide ! 12 °).
Merci de vous inscrire IMPERATIVEMENT par SMS au 06 84 55 79 72 ou par mail jacques.pages34@laposte.net jusqu’au vendredi soir.
Bien amicalement
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COMPTE RENDU
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Je vous propose mon petit compte rendu photographique.
Merci à notre ami Jacques P. pour cette belle sortie ..... au frais.
Maintenant nous attendons tes explications Jacques, ton clavier va chauffer.
1 Les araignées de la grotte : Meta menardi, famille des Tetragnathidae (araignées troglophile aranéomorphes). Cette araignée installe son cocon contenant 200 à 300 œufs environs, dans les zones à courant d’air des grottes. Elles construisent leur cocon à la fin de l’été. Les juvéniles en sortent au début du printemps suivant, après s’en être nourris. La présence de l'espèce et de ses cocons indique un écosystème souterrain ventilé qui ne tend pas vers le confinement.
Jacques P.
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2 Meta menardi, famille des Tetragnathidae
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3 Meta menardi, famille des Tetragnathidae
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4 Meta menardi, famille des Tetragnathidae
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5 Meta menardi, famille des Tetragnathidae
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6 Triphosa dubitata (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Geometridae: Larentiinae
Ces papillons recherchent dans les grottes des conditions de stabilité thermique pour passer
la saison froide. Il ne font pas de réelle diapause. Nourriture de la chenille : Surtout Bourdaines.
Jacques P.
Sur la deuxième photo il est mort et se fait envahir par les champignons.
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7 Scoliopteryx libatrix (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Noctuidae : Calpinae)
Ces papillons recherchent dans les grottes des conditions de stabilité thermique pour leur hibernation. Nourriture de la chenille : Saules, Peupliers.
Jacques P.
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8 Scoliopteryx libatrix (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Noctuidae : Calpinae)
Jacques P.
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9 Limonia nubeculosa Meigen, 1804 (Insectes : Diptères : Limnobiidae ). Nous sommes dans le "groupe" des Diptères, entre les moustiques et les cousins, Tipules. Les adultes sucent les liquides mais ne piquent pas. Les larves sont détritiphages dans le sol.
Jacques P.
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10 Limonia nubeculosa Meigen, 1804
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11 Des cadavres de bestioles enrobés par la moisissure.
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13 Mucor sp. ?
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14 Les parois de la grotte.
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15 Ceux sont de (belles) colonies d'Actinomycètes du genre Nocardia, de couleur dorée.
Les Actinomycètes sont un type de bactéries filamenteuses qui produisent des 'hyphes' ressemblant à celles des champignons.
Mais les Actinomycètes diffèrent des champignons en raison de la présence d'acide muramique dans la paroi cellulaire et leurs 'hyphes' sont de diamètre beaucoup plus faible, inférieur à 2 µ-mètres. L'acide muramique étant caractéristique des bactéries.
D'autres colonies de couleur bleue sont sans doute des Actinomycètes probablement du genre Streptomyces.
Explications complémentaires en bas de la page 2.
Jacques P.
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16 Colonies d'Actinomycètes du genre Nocardia, de couleur dorée.
Jacques P.
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17 Pellia epiphylla (L.) Corda, 1829 (Bryophytes : Marchantiidae : Pelliaceae ).
On rencontre cette "Hépatique à thalle" au bord des ruisseau. A ne pas confondre avec d'autres espèces qui lui ressemblent ...
Jacques P.[/color]
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17bis Pellia epiphylla (L.) Corda, 1829 (Bryophytes : Marchantiidae : Pelliaceae).
Jacques P.
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18 Isoperla cf. carbonaria (Insectes : Plécoptères : Perlodidae ).
Les larves aquatiques vivent dans des eaux bien oxygénées.
Jacques P.
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19 Des traces dans la grotte.
Micheline, je pense que tu as de plus belles photos.
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20 Un nid de Sittelle torchepot - Sitta europaea
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Je ne suis pas un rapporteur mais il y en a un qui ne se faisait pas trop de souci!
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Quelles photos magnifiques
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Non Michel, je n'ai pas de meilleure photo des traces, lesquelles sont peut-être tout simplement les empreintes d'un chien.
Il me semble aussi reconnaître l'empreinte de la main de Jacques !
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...c'était tout simplement l'heure de la sieste.
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Pour compléter le superbe reportage photo de Michel sur la petite faune observée dans la grotte d'Orquette, quelques modestes photos de la vie rencontrée dans les milieux extérieurs.
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1. Le groupe dans la prairie dominant la falaise.
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2. Une Épeire Araneus diadematus a tissé sa toile près de la bergerie d'Albès
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3. Abeilles charpentières Xylocopa violacea
Elles sont quelques-unes à voler bruyamment et butiner. Cuirasse noir métallisé, ailes opaques violettes, elles ne passent pas inaperçues ! L’abeille charpentière Xilocopa violacea tient son nom du bois mort ou vermoulu qu’elle choisit pour y forer des galeries qu’elle remplit ensuite de pollen pour ses mâles. Sa taille ne doit pas nous faire peur, elle n’est pas agressive, elle ne sort que très rarement son dard. Les mâles et les femelles hivernent en groupe avant de s’accoupler au printemps.
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4. Azuré commun Polyommatus icarus (Rottemburg, 1775) mâle
L’Azuré commun Polyommatus icarus est le plus commun des Azurés en Europe et en France. Il est très répandu et abondant dans les prairies, pelouses, bois clairs et jardins jusqu’à 2400 m. Dans le Midi, il vole en trois générations.
Il butine une grande variété de fleurs (160 espèces en Europe !) de couleur rose, pourpre ou jaune. Dans le Midi, les Azurés font la sieste pendant les heures chaudes de l’été posés en grand nombre tête en bas dans les hautes herbes à l’ombre des arbres !
La femelle pond sa centaine d’œufs isolément sur les inflorescences et les tiges de nombreuses Fabacées : Lotiers, Luzernes, Trèfles, Mélilots, Badasses, Genêts…
Les Azurés étant sensibles aux ultra-violets, les femelles aux ailes riches en flavonoïdes attirent davantage les mâles qui les fécondent plus rapidement.
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5. Un Géotrupe (bousier) et sa boule
Détermination de Jacques P. :
"Un coprophage, plus précisément : Sisyphus schaefferi (Linnaeus, 1758)"
Selon l'Inventaire national du Patrimoine naturel :
"Périodes d’observation de l’adulte :
Activité de mars à octobre, mais surtout en mai-juin.
Biologie-éthologie :
Coprophage de type télécopride*. Activité diurne. Espèce à grande zone de répartition mais à présence discontinue, du niveau de la mer à 2000 m, en milieu ouvert, mais aussi en sous-bois clair. L’espèce exploite de manière égale les bouses de vaches, les crottins de brebis ou de cheval, les excréments humains et parfois ceux des carnivores.
Biogéographie :
France : littoral méditerranéen - Corse"
*Télécopride : paracopride, endocopride, télécopride. Ces adjectifs permettent de différencier les bousiers selon qu’ils vivent au sein même des excréments (endocopride), dans le sol sous les excréments (paracopride) ou encore qui transportent les excréments pour les utiliser plus loin (télécopride). Le bousier rouleur (télécopride) roule les excréments qu'il rencontre à l'aide de ses pattes postérieures qui sont très longues et arquées. Il roule cette boule jusqu’à une place jugée adéquate où, enterrée, elle servira soit de nourriture à l’adulte, soit de réceptacle à un œuf unique. Dans le dernier cas, la larve s’y développera.
Le bousier se révèle bien utile car il fragmente, transporte et disperse les excréments qui deviendront minéraux grâce à l’action conjuguée des micro-organismes et des champignons du sol.
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6. Un Myrtil Maniola jurtina (Linnaeus, 1758)
Le Myrtil Maniola jurtina est un des papillons les plus communs en France. Dans le Midi, la période de vol s’étire de début mai à mi-octobre.
La femelle passe de longs moments posée dans l’herbe et vole peu, hormis pour se nourrir et pondre, tandis que le mâle, très actif, patrouille à la recherche de femelles vierges. Les accouplements ont lieu en juin. La plupart des mâles meurent en début d’été. Les femelles, qui ont stocké la semence des mâles, « estivent » pendant les fortes chaleurs et réapparaissent à la fin de l’été pour pondre dans l’herbe, sur le sol ou sur une Graminée. Graminées dont se nourrissent les chenilles : Brachypodes, Fétuques, Pâturins, Agrostides…
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7. Un Machaon Papilio machaon (Linnaeus, 1758)
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7 bis. Le vol d'approche du Machaon Papilio machaon (Linnaeus,1758)
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8. Ils étaient aussi nombreux qu'excités les Soucis Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785)
C’est à la couleur orangée de la fleur de Souci que ce papillon doit son nom : Souci Colias crocea (croceus = de couleur safran). C’est aussi un papillon qui migre, en groupe, habituellement vers le nord au printemps et vers le sud en automne, les bonnes années en empruntant les cols des Pyrénées jusqu’à 2800m et plus haut encore, 3200m dans les Alpes. Dans les régions les plus chaudes du Midi, ils peuvent être observés tout l’hiver. L’imago préfère butiner les Astéracées et les Scabieuses. La femelle se déplace sur de longues distances pour disperser jusqu’à 500 œufs, un seul par plante, des Fabacées.
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9. Un Faune Hipparchia statilinus (Hufnagel, 1766) femelle
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10. Une Mante religieuse Manta religiosa
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11. Devant la résurgence de la grotte de l'Orquette
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12. Les araignées et les cocons à l'entrée de la faille.
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13. Notre photographe officiel en action
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14. L'entrée de la grotte et la résurgence
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15. Autour de la grotte, bien dans son milieu, la Scolopendre officinale Scolopendrium officinale
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16. Un Tircis Pararge aegeria (Linnaeus, 1758)
Le Tircis Pararge aegeria est très répandu etcommun partout en France, dans les bois, les ripisylves, les clairières, les lisières et le long des sentiers forestiers. Il fréquente aussi les vergers, les parcs et les jardins arborés jusque dans les villes. Dans notre région, il reste surtout cantonné dans les boisements sombres où il reste actif toute l’année en 4 générations.
Le soir, le Tircis monte dormir dans le feuillage des arbres. Le matin, il ouvre les ailes dès que les feuilles sont ensoleillées. IL s’envole lorsque la température de son thorax, où se trouvent les muscles moteurs des ailes, atteint 30°. La durée moyenne des vols augmente avec la température : 10 secondes à 17°, 90 secondes à 25°.
Très sédentaires, les mâles passent souvent leurs existence entière (en moyenne une semaine et jusqu’à un mois) sur quelques dizaines de mètres. Territoire dont il chasse âprement les autres mâles !
Les œufs sont pondus sur les feuilles de Graminées à feuilles larges, parfois sur leurs épis ; Pâturins, Avoines, Molinie et Brachypodes.
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17. Toujours près de l'entrée de la grotte, un Silène Brintesia circe (Fabricius, 1775)
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18 et 19. Et des lichens... Un Peltigera sp. et son insecte (je laisse à Jacques la soin de les nommer !)
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20 et 21. En remontant le sentier, deux autres lichens
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22. Les Meta sont troglophiles (qui accomplissent tout leur cycle biologique sous terre). Mais, elles peuvent vivre aussi dans d'autres milieux extérieurs adéquats (Meta menardi, Mettellina merianae...), ici sur la falaise le long du sentier.
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23. Sur le sentier, un Oedipode sp. aux ailes rouges. Å’dipoda germanica germanica ?
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24. Et une (ou un) inconnue ?
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25. De retour dans la prairie, une autre espèce d'Œdipode
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26. Et un grillon Gryllus campestris juvénile ?
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27. Beaucoup de monde dans le massif de fleurs devant la ferme-bergerie, notamment sur les fleurs de la touffe de Sarriette commune Satureja hortensis
Corizus hyoscyami (Linnaeus, 1758). La Corise de la jusquiame (Insecta : Ordre Heteroptera ; Famille Rhopalidae)
Jacques P.
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28. Un Sphex gryllivore Sphex funerarius (Gussakovskij, 1934)
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29. Un Cuivré fuligineux Lycaena tytirus (Poda, 1761) mâle
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30 et 31. Argus bleu céleste Lysandra bellargus (Rottemburg, 1775), une femelle et un mâle (bien usé)
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32. Un Argus bleu céleste Lysandra bellargus (Rottemburg, 1775) mâle
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33. Une Hespérie : Hespérie de Rambour Pyrgus circii (Rambour, 1839) ?
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34. Un Procris Coenonympha pamphilus (Linnaeus, 1758)
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35. Et sur le chemin du retour au parking, un Cuivré commun Lycanea phlaeas (Linnaeus, 1761)
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37. Un peu de botanique ! Au bord du chemin un Cirsium acaule.
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38. Du plus petit au plus grand : le bouc de la ferme.
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39. Et pour terminer, le magnifique paysage s'offrant à nos yeux du haut de la falaise.
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Voilà un superbe reportage des plus complets, rien ne t'a échappé.
Je me permets de rajouter le Sphex gryllivore - Sphex funerarius de profil.
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Merci Michel pour cette photo - une vraie photo macro - permettant d'examiner les critères déterminants.
Peut-être (je le répète, je ne suis pas entomologiste) un Sphex gryllivore Sphex funerarius (Gussakovskij, 1934) (ex maxillosus, ex rufocinctus) femelle (les pattes sont rougeâtres).
Les Sphex sont des guêpes solitaires fouisseuses qui font de leur nid un garde-manger rempli d'insectes pour leurs larves. La femelle possède sur ses pattes avant des peignes qui lui permettent de creuser dans les sols sablonneux un terrier dans lequel elle stocke sauterelles et grillons qu'elle paralyse de son aiguillon venimeux et qu'elle traîne au sol entre ses pattes depuis le lieu de chasse.
Les adultes se nourrissent de nectar.
Elle est commune dans les régions méridionales et le changement climatique semble étendre son territoire vers le Nord, comme par exemple en Belgique.
Jean-Henri Fabre dans Souvenirs entomologiques (Le Sphex à ailes jaunes) décrit avec précision le comportement de cet insecte.
Ce reportage n'est pas exhaustif des espèces rencontrées. Notamment, faute de photos (trop éloignés ou en vol rapide), les oiseaux ne sont pas cités.
Dès le regroupement à la Croix de Mounis, Pinsons des arbres, Gobemouches noirs et gris ; sur le chemin de la grotte, Roitelets à triple bandeau, Rougegorge familier, Rougequeue noir, Mésanges charbonnières, Geai des chênes ; en bas de la falaise, une famille de Faucons crécerelles, des cris de Grand Corbeau...
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Vos photos sont absolument magnifiques ! Merci.
A mon tour de vous donner quelques précisions ;)
image _MG_0411.jpg Limonia nubeculosa Meigen, 1804 (Insectes : Diptères : Limnobiidae ). Nous sommes dans le "groupe" des Diptères, entre les moustiques et les cousins, Tipules. Les adultes succent les liquides mais ne piquent pas. Les larves sont détritiphages dans le sol.
image _MG_0433.jpg Isoperla cf. carbonaria (Insectes : Plécoptères : Perlodidae ). Les larves aquatiques vivent dans des eaux bien oxygénées.
image _MG_0462.jpg Triphosa dubitata (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Geometridae: Larentiinae) Ces papillons recherchent dans les grottes des conditions de stabilité thermique pour passer la saison froide. Il ne font pas de réelle diapause. Nourriture de la chenille : Surtout Bourdaines.
image _MG_0360.jpg Scoliopteryx libatrix (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Noctuidae : Calpinae) Ces papillons recherchent dans les grottes des conditions de stabilité thermique pour leur hibernation. Nourriture de la chenille : Saules, Peupliers.
image _MG_0439.jpg
image _MG_0441.jpg
image _MG_0444.jpg Pellia epiphylla (L.) Corda, 1829 (Bryophytes : Marchantiidae : Pelliaceae ). On rencontre cette "Hépatique à thalle" au bord des ruisseau. A ne pas confondre avec d'autres espèces qui lui ressemblent ...
Les araignées de la grotte : Meta menardi, famille des Tetragnathidae (araignées troglophile aranéomorphes). Cette araignée installe son cocon contenant 200 à 300 oeufs environs, dans les zones à courant d’air des grottes. Elles construisent leur cocon à la fin de l’été. Les juvéniles en sortent au début du printemps suivant, après s’en être nourris. La présence de l'espèce et de ses cocons indique un écosystème souterrain ventilé qui ne tend pas vers le confinement.
photo 5 de Micheline. Un coprophage, plus précisément : Sisyphus schaefferi (Linnaeus, 1758)
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Merci Jacques. J'avais bien noté Sysiphus schaeferri dans mon petit carnet. Étourdie que je suis !
Je profite de ce message pour apporter quelques précisions sur ce bousier.
Selon l'Inventaire national du Patrimoine naturel :
"Périodes d’observation de l’adulte :
Activité de mars à octobre, mais surtout en mai-juin.
Biologie-éthologie :
Coprophage de type télécopride*. Activité diurne. Espèce à grande zone de répartition mais à présence discontinue, du niveau de la mer à 2000 m, en milieu ouvert, mais aussi en sous-bois clair. L’espèce exploite de manière égale les bouses de vaches, les crottins de brebis ou de cheval, les excréments humains et parfois ceux des carnivores.
Biogéographie :
France : littoral méditerranéen - Corse"
*Télécopride : paracopride, endocopride, télécopride. Ces adjectifs permettent de différencier les bousiers selon qu’ils vivent au sein même des excréments (endocopride), dans le sol sous les excréments (paracopride) ou encore qui transportent les excréments pour les utiliser plus loin (télécopride). Le bousier rouleur (télécopride) roule les excréments qu'il rencontre à l'aide de ses pattes postérieures qui sont très longues et arquées. Il roule cette boule jusqu’à une place jugée adéquate où, enterrée, elle servira soit de nourriture à l’adulte, soit de réceptacle à un œuf unique. Dans le dernier cas, la larve s’y développera.
Le bousier se révèle bien utile car il fragmente, transporte et disperse les excréments qui deviendront minéraux grâce à l’action conjuguée des micro-organismes et des champignons du sol.
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Merci Jacques pour toutes ces précisions.
Au sujet des deux photos N° 7, ce ne sont pas les mêmes papillons que sur le N°8 ?
Pas de nom pour les champignons des N° 13, N°15, N°16 ?
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27 Corizus hyoscyami (Linnaeus, 1758). La Corise de la jusquiame ( Insecta : Ordre Heteroptera ; Famille Rhopalidae )
et _MG_0349.JPG, MG_0354.JPG également Scoliopteryx libatrix (Linnaeus, 1758) (Insectes : Lépidoptères : Noctuidae : Calpinae)
pour les autres ... ça arrive bientôt, quelques photos à traiter ....
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Petite enquête sur les images :
- image _MG_0378.jpg
- image _MG_0379.jpg
- image _MG_0397.jpg
Celles-ci montrent les recouvrements ressemblant à des thalles de lichen de couleur doré.
Michel en a prélevé un spécimen par grattage et celui-ci a été examiné au microscope.
Le voici ci-dessous à différent grossissement.
1 un fragment du thalle à l'objectif x4
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à l'objectif x10, l'on devine un aspect filamenteux
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à l'objectif x20, apparaissent de jolies petites "boules" jaune. Limite pour mon appareil photo, bien plus belles au microscope !
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à l'objectif x40, un fragment écrasé entre lame et lamelle, apparaissent des amas jaunâtres et autour quelques filaments agités par le mouvement brownien
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enfin à l'objectif x100, apparaissent quelques cellules (2 !) jaune et ce qui ressemble à des hyphes. Ces 'hyphes', qui n'en sont pas vraiment, font environ 1,5 µ-mètre de diamètre.
Ces formations ne peuvent être : ni des lichens, ni des algues, ni des bryophytes, car ces 3 phyla sont dépendant de l'énergie de la lumière par le processus de la photosynthèse (également pour les lichens puisque leurs phytobiontes sont des algues vertes ou des cyanophytes).
Or dans les conditions où elles ont été observées et récoltées, près de la grille du fond, règne une obscurité totale, donc point de photosynthèse possible.
Ces organismes sont chimiotrophes, c'est à dire qu'ils puisent leurs énergies des réactions chimiques d’oxydoréduction.
Si les composés donneurs d’électrons sont inorganiques comme H2S, H2, Fe2+ ou NH3 ..., les bactéries sont dites chimiolithotrophes.
Ceux sont de (belles) colonies d'Actinomycètes du genre Nocardia, de couleur dorée.
Les Actinomycètes sont un type de bactéries filamenteuses qui produisent des 'hyphes' ressemblant à celles des champignons.
Mais les Actinomycètes diffèrent des champignons en raison de la présence d'acide muramique dans la paroi cellulaire et leurs 'hyphes' sont de diamètre beaucoup plus faible, inférieur à 2 µ-mètres. L'acide muramique étant caractéristique des bactéries.
Sur les images _MG_0411.jpg et _MG_0378.jpg, d'autres colonies de couleur bleue sont sans doute des Actinomycètes probablement du genre Streptomyces.
Michel, pourrais-tu faire un crop sur ces thalles ?
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et voilà les colonies de couleur bleue auxquelles je faisait allusion.
Ce sont sans doute des Actinomycètes probablement du genre Streptomyces.