Ci-joint une vue de petites concrétions très intrigantes trouvées dans le Bouissou ...
Voici la solution de l'énigme :-)
Ces petits cailloux ressemblant à des "yeux de Sainte Lucie" sont des
gastrolithes de "l'Ecrevisse signal" aussi nommée "Ecrevisse de Californie" ou "Ecrevisse du Pacifique". Ces gastrolithes sont également nommés "Yeux d'Ecrevisse" probablement à cause de leur forme et de la position de l'estomac qui est juste à l’arrière des yeux.
"L'Ecrevisse signal", de nom scientifique
Pacifastacus leniusculus (Dana, 1852), est une espèce invasive majeure en Europe, introduite volontairement pour l'élevage et malheureusement bien présente dans le Bouissou :-/
Rôle de ces gastrolithes: Contrairement aux oiseaux qui avalent des cailloux pour broyer leurs aliments, l'écrevisse fabrique elle-même ses gastrolithes.
- Avant la mue, pour pouvoir grandir, l'écrevisse doit se débarrasser de sa carapace rigide. Avant de s'en séparer, elle absorbe et extrait le calcium de son ancienne cuticule. Elle stocke ce calcium sous forme de deux disques de carbonate de calcium amorphe dans les parois de son estomac.
- Après la mue, une fois l'ancienne carapace rejetée, la nouvelle est très molle, ce qui rend l'écrevisse vulnérable. Les gastrolithes tombent alors dans la lumière de l'estomac où ils sont rapidement dissous et réabsorbés par l'organisme. Ce calcium recyclé permet de solidifier en priorité ses pièces buccales et ses pinces pour qu'elle puisse à nouveau se nourrir et se défendre.
C'est un indicateur d'invasion de
Pacifastacus leniusculus. En raison de leur forte densité de population, on retrouve de plus en plus de gastrolithes isolés au fond des rivières ou dans les sédiments après la mort ou la mue des spécimens.
Les gastrolithes résistant bien à la digestion des prédateurs, on les retrouve fréquemment intacts dans les épreintes de loutres ou de visons, les déjections des Hérons ce qui permet de confirmer la présence et la consommation de l'écrevisse signal dans le milieu.
Jusqu'au XIXe siècle, les « yeux d'écrevisses », également nommés "
Oculi Cancri" étaient récoltés par les apothicaires et moulus pour être utilisés en médecine traditionnelle. Riches en carbonate de calcium, ils servaient d'antiacide naturel contre les maux d'estomac ou pour traiter des problèmes osseux.